24.07.2020 |
Opinion

Fusion du Grand Fribourg

Le soufflé serait-il un peu retombé ? On pourrait le croire au vu des déclarations de certaines autorités communales, dont celles du syndic de Matran. La période de pandémie que nous traversons ne fait qu’ajouter à la morosité d’une partie de la population dont les centres d’intérêts se sont à coup sûr déplacés. Toutefois, il est à souhaiter que la fusion du Grand Fribourg retrouve l’enthousiasme des débuts de sa mise en œuvre. Auprès de la population d’abord, qui est amenée à dépasser ses craintes, liées essentiellement au taux d’impôt et à la perte d’identité.

Le taux d’impôt défini par le comité de pilotage et approuvé par la fiduciaire BDO se situe dans une fourchette raisonnable pour la totalité des 9 communes fusionnables (entre 70 et 73 % de l’impôt cantonal). Et l’on sait que celui qui est fixé aujourd’hui n’est pas pérenne : une délocalisation d’entreprise, pour ne citer qu’un exemple, peut fragiliser la commune la mieux nantie. Donc la donne peut changer rapidement. Aussi, le grand défi de cette fusion sera de convaincre la population que son intérêt va au-delà d’un taux d’imposition.

Quant à la perte de l’identité liée au bien-vivre dans sa commune, cela relève, à n’en pas douter, d’un faux problème. Ce qui fait à l’heure actuelle la richesse du tissu de la vie associative ne va pas changer dans l’ensemble fusionné ; au contraire il pourra s’enrichir de meilleures structures pour le renforcer. Telle société sportive ou culturelle ne va pas disparaître ou se fondre dans la masse. Il est d’ailleurs prévu à cet effet de créer des commissions locales qui veilleront, entre autres, à maintenir et à développer le tissu associatif dans des centres de rencontres, de sports ou de loisirs . L’octroi de subventions aux associations est garantie. A ce niveau, la voracité supposée du plus fort (entendons la ville de Fribourg) n’est qu’un leurre : apriliens, marlinois villarois… tous ces habitants le resteront . Pour extrapoler, même dans les grandes métropoles, le phénomène est identique : on est montmartrois avant d’être parisien !

Enfin, la plus grande des craintes est celle du changement, comme l’affirmait Marc Vachon, la peur du changement n’est qu’un des nombreux visages que prend la résistance au changement. Prendre en compte tous les aspects positifs que va apporter la fusion du Grand Fribourg et oser changer, c’est se placer dans une perspective d’avenir.

Gardons à l’esprit qu’ensemble on est plus fort et qu’on peut aller plus loin !

 


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

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François Bouverat

Conseiller général, Avry-sur-Matran