14.08.2020 |
Opinion

Solidarité jusqu’à quand

Depuis l’éclatement de la crise du coronavirus, on parle de solidarité comme on ne l’avait plus fait depuis longtemps. Dès le début du confinement, des particuliers, des entreprises et les pouvoirs publics ont fait preuve de beaucoup de volonté et d’imagination pour permettre aux Fribourgeoises et aux Fribourgeois de continuer une vie «normale» malgré des mesures de confinement et de distanciation sociale tout à fait inédites.

Dans toutes les communes du district, des initiatives variées ont été mises sur pied. Des commerces ont décidé de livrer à domicile, des bénévoles se sont proposés pour faire les courses des personnes qui ne devaient surtout pas sortir de chez elles, les associations de quartiers se sont mobilisées, les institutions spécialisées dans l’assistance aux personnes âgées ou en difficulté ont produit des efforts considérables, des producteurs de la région se sont associés pour pouvoir continuer à fournir leurs produits aux habitants du district, des bénévoles se sont proposés pour aider les parents dans la garde de leurs enfants ou dans le soutien scolaire…

Toutes les communes du district se sont impliquées pour mettre sur pied des services spécifiques ou pour coordonner l’offre des bénévoles, des associations et des entreprises qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes. C’est, sans étonnement, dans la capitale cantonale que le catalogue de mesures a été le plus fourni.

La situation particulière de l’épidémie a fortement ravivé la notion de solidarité, la conscience d’une communauté d'intérêts et la volonté de porter assistance aux personnes les plus touchées. Tout au début de la crise, à la mi-mars, on a même pu croire qu’il y aurait un avant et un après coronavirus, considérant qu’elle conduirait, à l’avenir, à plus de cohésion sociale. À la mi-avril, on y croyait déjà un peu moins et, à la mi-mai, quand le déconfinement s’est produit, nous étions beaucoup à penser que la grande machine mondialisée allait se remettre en route comme si rien ne s’était passé. Il est encore un peu tôt pour faire le bilan.

Changer le monde, bien sûr, est toujours assez difficile. Mais nous allons pouvoir facilement observer, dans les mois à venir, si cet élan collectif subsiste ou si l’individualisme, le «corporatisme», l’esprit de clocher, les particularismes et les comptes d’apothicaire ont repris le dessus.

Il y aura plusieurs occasions: lorsque la population du canton devra se prononcer en novembre sur la Caisse de pensions de l’Etat de Fribourg, lorsque les habitants concernés devront s’exprimer sur la fusion du Grand Fribourg, et, plus généralement, dans toutes les questions qui concerneront les assurances sociales, le système de santé ou la fiscalité.

Dans chacun de ces dossiers, le sens de la solidarité et de la cohésion sociale pourrait faire pencher la balance.


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

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Charly Veuthey

Donc Voilà / Editions faim de siècle, Fribourg