19.11.2019 |
Opinion

Une vie de quartier

Après mon dernier reportage consacré au quotidien d’une habitante d’Avry, je ne pouvais continuer à parler de mon village sans consacrer un article à ma rue. Constituant l’un des premiers quartiers résidentiels d’Avry, le Grand-Clos est sorti de terre en 1976.

Le centre commercial Avry-Centre venant d’ouvrir en 1973, un quartier constitué de 15 maisons individuelles et jumelées est prévu au Grand-Clos pour les employés de Pfister. La mise en vente s’adressera finalement au large public. Les premières maisons sont construites au milieu des années 70. La plupart de mes voisines et voisins actuels sont ces acheteurs de la première heure. Lorsque ma famille et moi emménageons en décembre 2011, les enfants de l’époque ont déjà quitté le nid depuis longtemps et les parents sont à présent retraités. Mais la rue n’a pas changé de visage, tout au plus les arbres atteignent-ils des hauteurs plus que respectables.  

Le Grand-Clos, c’est une route rectiligne, de grandes parcelles disposées de manière symétrique le long de celle-ci et des maisons au concept architectural identique. Ce qui correspond aux standards d’urbanisme actuels devait un peu détonner dans le village agricole des années 70.   

Mais l’âme de mon quartier, ce sont ses habitantes et habitants. Et comme ceux-ci aiment à le répéter, s’ils respectent l’intimité de chacun, ils sont toujours là les uns pour les autres. Peu de haies ou de barrières pour délimiter les parcelles – qui semblent dès lors s’étendre à perte de vue – et pourtant aucun ne s’aventurerait à se balader sur la pelouse de l’autre. Quand nous nous réunissons chaque été pour le pique-nique de quartier, j’aimer écouter leurs histoires de l’époque où ils avaient mon âge. Cela me rassure de constater que quels que soient les aléas de la vie, mes voisins sont sereins et heureux du chemin accompli. Mon quartier représente un endroit chaleureux et rassurant que j’aime rejoindre après une journée de travail ou un voyage. Un endroit préservé des tourments du quotidien. Alors lorsque la doyenne de la rue, Simone, est décédée à la fin de l’été dernier, cela a été un choc, parce que je pensais cette image d’Epinal immuable. Et avec ses honorables 85 ans, je la pensais elle aussi définitivement ancrée au Grand-Clos… et à la vie.  

A l’heure où les feuilles orangées virevoltent dans le ciel brumeux, les stores de la maison numéro 14 ne se lèvent plus, la lumière reste éteinte et les fleurs ont fané. Grande bâtisse rose qui, fut un temps, voyait vivre une famille de cinq, aujourd’hui ne sert que de douloureux mausolée aux voisines et voisins attristés. Mais un jour le printemps reviendra et avec lui de nouveaux habitants. Ainsi va la vie. Parce que mon quartier, comme tous les quartiers du monde, reflète la Vie.  

 


 

Divers·e·s représentant·e·s de la société civile se sont porté·e·s volontaires pour créer des chroniques sur les histoires, les personnalités et les particularités qui caractérisent leur commune. Au travers de leurs publications, ces personnes externes à l'Assemblée constitutive explorent l’identité du Grand Fribourg. Elles abordent aussi différents sujets en lien avec la fusion des communes.

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Alexandra Lovey

Avry